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Sea Explorer par l'association Terre Marine - CAP D'AGDE
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Le monde sensoriel du grand dauphin

PRÉAMBULE 

Dans le royaume des mers et des océans, le son est essentiel à la survie des êtres qui le peuplent.  Au-delà de 50 mètres de profondeur, l’obscurité s’épaissit et devient progressivement totale. Nous entrons dans le monde de la bioluminescence et de l’acoustique. La compréhension du milieu marin induit pour nous, humains,  une ‟adaptabilité mentale”, abandonnant nos repères de terriens pour intégrer un autre paradigme. Cet univers a induit des compétences spécifiques chez ses habitants afin qu’ils puissent y naître, grandir, évoluer et perpétuer l’espèce.

 

 

LES SENS DES DAUPHINS

Vivre dans l’eau amène bien des défis pour un mammifère. Les sens des dauphins ont dû s’adapter à ce milieu où les sons, la lumière et les odeurs ne voyagent pas comme dans l’air.

 

 

La vision

Les dauphins sont bien adaptés à la vision dans les profondeurs. Leurs photorécepteurs  sont particulièrement réceptifs à la lumière bleutée, la lumière qui pénètre le plus profondément dans l’eau. Contrairement à nous, les cétacés ont une bonne vue sous l’eau aussi bien de près que de loin. Ils ont également une bonne vue dans l’air, comme nous le montre leur capacité à atteindre des objets (exemple des dauphins en captivité).

D’autres mammifères marins, comme les baleines à bosse, sont très curieux et observent de longs moments leur environnement  aérien, la tête immobile hors de l’eau.

 

L’odorat et le goût

odorat

Les messages olfactifs voyagent lentement dans l’eau. Le sens de l’odorat est, semble-t-il présent chez les cétacés (cf recherches Aurélie CELERIER CEFE/CNRS Montpellier avec qui nous sommes en lien). Il est intéressant de noter que les dauphins goûtent ce qu’ils mangent.

Rappel du dispositif chez les humains : pour reconnaitre la plupart de saveurs, le cerveau a besoin d’informations tant olfactives que gustatives. En effet, l’odorat et le goût sont étroitement liés. Les papilles gustatives de la langue identifient le goût et les nerfs olfactifs identifient les odeurs. Ces deux sensations sont communiquées au cerveau qui intègre les informations et permet ainsi de reconnaître et d’apprécier les saveurs.

Le projet  » PROJECT « AQUACOM » du CEFE et MMDN de Montpellier travaille sur la communication chimique chez les mammifères aquatiques. Le travail en cours cherche à obtenir le preuves de neurones chimiorécepteurs (capacité de recevoir des informations chimiques) dans le passage nasal et la langue chez certaines espèces dont les dauphins.

 

Le toucher

toucher
Le sens du toucher est particulièrement développé  au niveau de la tête, près de l’évent. Ils peuvent détecter ainsi  la surface de l’eau et ouvrir leur évent pour respirer.

Le toucher est important chez les cétacés, Les dauphins se touchent de leurs nageoires, se caressent entre elles. Les femelles  nagent  souvent en gardant le contact physique avec leur petit.

 

L’ouïe 

Émettre et recevoir des sons permet de se repérer géographiquement,  de se déplacer, de se nourrir, de se reproduire, de communiquer pour avertir d’un danger, de se rassembler, d’éduquer, de jouer…

La réception des sons se fait par plusieurs voies chez les cétacés : l’oreille, la mâchoire inférieure et la surface du corps. Ils n’ont pas d’oreille externe, mais le système oreille moyenne-oreille interne est similaire à celui des autres mammifères. Avec certaines évolutions fonctionnelles. Un bouchon de cire obture l’orifice auditif minuscule placé en arrière de l’œil.

 

Un sixième sens…

Plusieurs études tendent à montrer que les cétacés peuvent percevoir les variations dans le champ magnétique terrestre. Ce sens leur permettrait de s’orienter dans l’axe nord-sud de la terre, il les aiderait donc dans leurs migrations.

 

Le principe d’écholocation 

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L’écholocation est une émission directionnelle d’ultrasons. Ce sont les cétacés à dents qui ont la capacité d’émettre ces ultrasons pour se repérer géographiquement et localiser les proies. Les baleines à fanons n’ont pas semble t’il cette faculté, mais cela reste à démontrer. L’écholocation implique l’émission de sons de forte puissance et la réception de sons très affaiblis, ce qui nécessite un appareil auditif très sensible. Les cachalots par exemple, lors de leur plongée d’une cinquantaine de minutes, émettent de longues séries de clics à un rythme régulier. On les nomme clics d’écholocalisation qui sont utilisés comme un sonar pour repérer les fonds et les proies.

 

Émission sonore et réception de sons 

Les émissions sonores des dauphins (odontocètes) sont produites par des circulations d’air dans leur système respiratoire supérieur, entre deux vessies,  par des résonnances, ou à travers  le diaphragme. L’air passe au travers d’une structure anatomique située dans la tête appelée «  lèvres phoniques » ou museau de singe comparable aux voies nasales humaines. Lorsque l’air emprunte cet étroit conduit, il provoque, à la manière des ronflements humains, l’aspiration et l’accolement des lèvres phoniques et la vibration des tissus environnants avec émission de sons. A la différence de l’homme, il n’y a pas échappement de l’air pour produire le son en raison de l’adaptation nécessaire à l’apnée. Cependant, les bébés dauphins qui ne savent pas encore « parler », laissent passer de l’air à travers leur évent  lorsqu’ils sifflent.

 

Types d’émissions sonores 

Un grande variété de sons est produite et diffère selon les mammifères marins. On assiste à des : sifflements, crépitements, couics, cris, grincements, caquètements, clics, couinements, miaulements… Cette grande variété de sons appartiennent à différentes classes connues : impulsions, sifflements, sons composés et complexes.

La réception du son se fait par plusieurs voies chez les cétacés : l’oreille, la mâchoire inférieure et la surface du corps. Les cétacés n’ont pas d’oreille externe mais le système oreille moyenne-oreille interne est similaire à celui des autres mammifères. L’orifice auditif des baleines et des dauphins est minuscule et se situe en arrière de l’œil. Il est obturé par un bouchon cireux.

 

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En plongée, les cétacés sont capables de connaître l’origine d’un son. Les organes auditifs internes sont logés dans une tympanique osseuse. Elle-même isolée des os du crâne par un coussin de mousse graisseuse saturée de microbulles d’air. Ce coussin d’air fait écran aux sons transmis par les os du crâne et les réfléchit. Ainsi leurs oreilles sont isolées l’une de l’autre et les sons captés par les conduits auditifs seront perçus avec le décalage indispensable au cerveau pour en situer l’origine.

 

Une perception du son sous l’eau différente chez les humains 

Chez l’homme, les oreilles internes ne sont pas isolées des os du crâne. Sous l’eau, le décalage de réception est trop court pour être perçu par notre cerveau car lorsque nous sommes immergés, nos conduits auditifs se remplissent d’eau jusqu’aux tympans. Notre corps ne réfléchit plus le son comme à l’air libre mais il l’absorbe et le transmet directement à l’oreille interne par les tissus et les os crâniens. Privés de tout relief sonore, nous sommes incapables de localiser la source d’émission.

 

Le rôle de la production sonore des cétacés 

Les émissions sonores des cétacés leur permettent de communiquer entre eux. Elles ont un rôle phare dans l’éducation des juvéniles, la cohésion sociale, l’avertissement d’un danger, la reconnaissance identitaire du groupe lors de la rencontre avec un autre groupe. Les jeux chez le dauphin occasionnent aussi des manifestations sonores.

D’une façon générale, la bande de fréquence des émissions des cétacés se situe entre 10 et 150 kHz. L’oreille humaine ne perçoit que  la partie inférieure de ce spectre en deçà de 18 kHz et au-dessus de 20 Hz.

 

Mais que disent-ils ?

En l’état actuel des connaissances scientifiques, nous ne sommes pas en mesure de comprendre les discussions entre dauphins et le sens de ce qu’ils essaient souvent de nous transmettre. De nombreuses expériences ont tenté vainement l’apprentissage d’une langue aux dauphins et d’autre part, aucun protocole de recherche n’a permis de décoder la langue « delphinienne ».  La grande histoire est faite de petites histoires et d’expériences personnelles qui font souvent  voler en éclat les conceptions empiriques et les principes souvent limitants. C’est au travers de la passion, de la curiosité, du respect que la compréhension d’êtres proches et si différents se fait jour.

 

Petite précision : les termes de baleines et de dauphins sont issus du langage courant. La précision scientifique distingue les baleines à dents : les odontocètes (dauphins, orques, cachalots, bélugas…) et les baleines à fanons (baleine à bosse,  baleine bleue,  rorqual commun…)

Juste un petit apparté sur les poissons… bavards !

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Les cétacés ne sont pas les seuls à produire des sons.  Il est intéressant de savoir  que  l’émission sonore est un mode de communication mis en évidence chez plus de 50 familles de poissons dont le poisson clown. Ce poisson utilise le son pour identifier les autres espèces, la taille, le sexe, pour chasser les intrus ou renforcer la cohésion des couples au moment de la reproduction. Nous avons pu enregistrer fréquemment corb ou mérou.

 

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